[PODCAST] Les Meilleures Astuces Pour Apprendre Le Russe

LES MEILLEURES ASTUCES POUR APPRENDRE LE RUSSE Bertrand

: Bonjour à tous et bienvenue sur Fast n’Fluent; je suis Bertrand Millet? le pirate des langues; aujourd’hui, je suis vraiment heureux de vous recevoir parce qu’avec moi j’ai un invité de marque, j’ai Thomas de www.russie.fr et Thomas tu es spécialiste du russe tout simplement.

Thomas

: Oui. Da.

Bertrand

 : Vous avez vu, il ne nous mentait pas.

Thomas

: J’allais dire yes par habitude.

Présentation de Thomas, du blog Russie.fr

Un blog d’astuces pour apprendre le russe

Bertrand

 : Alors qu’est-ce que ça veut dire spécialiste du russe ? C’est quoi ce site www.russie.fr

Thomas

 : Alors le site www.russie.fr, c’est un site qui existe depuis 2011, que j’ai pris par passion. Au début c’était le voyage, la grande aventure, les grands espaces, le no limit, ce genre de choses. Et ça s’est très vite spécialisé sur la langue russe, les astuces pour apprendre le russe. Je propose plusieurs formations aujourd’hui, avec près de 300 élèves : du très très débutant à des niveaux moyens et avancés.

La langue russe : aspects et spécificités

Bertrand

 : Quelle est la spécificité de la langue russe ?

astuces pour apprendre le russe
Thomas

: Je dirais qu’il y en a plusieurs. Une des spécificités peut être qu’on n’attend pas c’est que ce n’est pas forcément une langue aussi complexe qu’on le dit en fait. Par contre les gens vont se lancer dans le chinois avec beaucoup moins de difficulté. Et moi je dis ça, revenant d’un parcours où j’étais nul complètement en langues.

Bertrand

 : Et le russe, tu t’y es mis comment ?

Apprendre le russe à l’école : l’expérience de Thomas

Thomas

: J’ai commencé par 5 ans de russe à l’école française, c’est à dire au collège et au lycée. 5 années de suite m’ont amenées une première fois en Russie, j’ai appris là -bas avec stupeur que je n’étais pas capable de dire bonjour, ni au revoir. J’étais complètement bloqué en fait.

astuces pour apprendre le russe
Bertrand

: Cinq ans de ta vie tu as investi du temps pour apprendre et le jour où tu y es, les choses le plus basiques, incapable de les faire.

Thomas

: J’ai fini quand même par avoir 13 au BAC. J’ai favorisé les classes de russe pour qu’il y ait encore du boulot pour les profs, parce qu’on était 7, 8 en cours. Ce n’était pas beaucoup.

Bertrand

: T’as profité.

Thomas

 : J’en ai profité. C’est-à-dire pour ma note, sauf que sur place ça ne me servait absolument à rien.

Bertrand

: Moi j’ai vécu à peu près la même expérience sur l’allemand, à un moment donné il y avait cette réputation que les classes d’allemand accueillaient les meilleurs élèves, etc. En l’occurrence, linguistiquement parlant, ça s’est avéré une expérience qui ressemble à peu près à la tienne, je te rassure, allez en Allemagne et être incapable de sortir 3 phrases cohérentes quoi.

Thomas

: Alors j’ai abandonné, pendant une année et demi à peu près, avec l’idée que c’était fini. De toute façon j’étais nul, je n’étais pas bon, je n’y arrivais pas. J’avais des fautes partout, j’avais des salles notes, j’étais incapable de dire un mot. Puis finalement j’ai complètement raté mes études en France. A un moment je suis parti en Angleterre, j’ai retrouvé le maillon étude là-bas à l’université. Et il y avait des cursus mixtes entre économie, étude européenne et russe.

La surprise, au bout d’un an de russe en Angleterre, on avait fait autant que ce qu’on avait fait en 5 ans en France, sauf qu’en Angleterre c’était clair. Pas plus de travail, plutôt moins, et beaucoup moins de pression, parce qu’on était moins sanctionné qu’en France.

Apprendre le russe en immersion

Et surtout on apprenait des choses qui étaient juste utiles. J’ai vécu 3 ans là-bas. … Partant en Russie, à commençant par vivre dans des familles et puis en travaillant là-bas en fait. A Moscou, à Saint Pétersbourg, j’étais vraiment installé, mon quotidien était avec des collègues russes.

trouver le temps d'apprendre une langue

J’ai fait des cours aussi en Russie dans une école de relation internationales qui s’appelle Mgimo qui forme des diplomates russes, moi j’y étais que pour le russe.

Aussi avec des profs particuliers, d’anciens profs à la retraite des choses comme ça… Ils m’ont appris pas mal d’astuces pour apprendre le russe. Les russes sont plutôt bons en langue, c’est en Russie que moi j’ai rencontré des gens qui parlaient un français absolument impeccable sans jamais être sortis de leur pays.

Je pense qu’on se cache derrière pas mal d’excuses chez nous pour justifier notre niveau en langues. Il y a des exceptions aussi en France, de bonnes écoles, rares mais il y en a. Mais grosso modo ils ont une approche qui n’est pas la même, ils ont un état d’esprit qui n’est pas le même, ils sont toujours en mode « je peux le faire ».

Méthodes d’apprentissage des langues en Russie

De toute façon, le russe, il peut faire tout. Quoi qu’il arrive, avec zéro moyen, on y arrivera quand même. Et rien que ça, ça change au niveau psychologique.

Après, il y a une manière de répéter les choses que les russes font beaucoup plus systématiquement.

Ils vont prendre par exemple un texte sur les affaires, un texte sur le vivre à la maison, un texte sur le faire ses courses. On va prendre un texte à la fois, et sur chaque texte on va décortiquer en entier. Juste la lecture sans comprendre.Puis on va faire peut-être une deuxième lecture en essayant de deviner les choses, d’après le contexte mais sans dictionnaire. Et puis on va commencer à poser des questions autour du texte et à y répondre.

Et au bout d’un moment, on est capable de parler du sujet au moins d’une manière générale…

Astuces pour apprendre le russe : comment fonctionne le blog Russie.fr

Bertrand

Tu t’inspires des approches d’apprentissage russe, français et anglais pour enseigner le russe ?

Thomas

: Oui, en fait j’ai constaté au bout d’un moment, j’avais voyagé un petit peu, j’avais commencé en France avec les écoles françaises, en Angleterre, puis en Russie, et au bout d’un moment je me suis dit, c’est quand même grâce à ça que j’ai réussi à récolté plein d’astuces pour apprendre le russe.

C’est-à-dire qu’il y avait des choses qui étaient bonnes dans chaque méthode. Et un jour je me suis dit, grâce au site aussi, grâce à www.russie.fr et aux lecteurs qui me suivent, ça serait pas mal de tirer un peu les meilleurs choses de chaque méthode en tout cas ce qui m’a aidé moi déjà.

astuces pour apprendre le russe

Mais voilà ça a quand même marché parce que je me suis attaché à des choses qui m’aidaient plus que d’autres sans forcément être braqué sur une méthode où il faut absolument tout bouffer de A à Z.

Bertrand

: C’est très bien d’avoir une formation et de la suivre mais ce qui est aussi à un moment donné pour moi la clé c’est d’aller voir un peu les choses alternatives. Moi je recommande vraiment de suivre un chemin et pas cinquante. Par contre, une fois qu’on est bien sur son chemin, d’aller picorer des trucs à droite à gauche pour enrichir encore. Je crois que ça fait vraiment une bonne différence quoi.

Thomas

: Ouais tout à fait. Et puis le coté souplesse aussi donne de l’agilité quelque part et du plaisir aussi tout simplement d’ailleurs. On a le droit de sortir du cadre et de regarder ailleurs. Ça peut permettre juste de relancer la motivation et tout ce qui va avec.

Les meilleures astuces de Thomas pour apprendre le russe

Bertrand

 : Quel est ton meilleur conseil pour apprendre le russe ?

Thomas

: J’ai 2 hacks pour toi aujourd’hui. J’en ai un sur les déclinaisons qui sont peut-être plus propres aux russes. Et j’ai un autre hack sur la lecture à haute voix et de ce que ça peut impliquer.

Astuces pour bien apprendre les déclinaisons russes

Thomas

Apprendre les déclinaisons russes peut prendre plusieurs années.Moi-même, je pense que j’y suis allé en plusieurs couches. C’est déjà une approche qui peut changer du : « Il faut absolument que je maîtrise tout d’un coup ». Parce que ça c’est foutu d’avance.

astuces pour apprendre le russe
Bertrand

: A un moment donné, on a le droit de parler une langue même si on continue à faire des erreurs.

Thomas

: Exactement.

Bertrand

On peut même être fluide, plutôt bon et savoir s’exprimer précisément tout en continuant à faire des erreurs de grammaire.

Thomas

: Il vaut mieux quelqu’un qui fait plein d’erreurs et qui se plante toutes les 30 secondes mais qui parle que quelqu’un qui dit : »ben moi je vais apprendre la grammaire pendant 3 ans avant de parler. » Et finalement, au bout de 3 ans s’apercevoir qu’il n’est pas capable de dire bonjour.


S’attaquer aux déclinaisons : petit peu par petit peu

Et donc, l’astuce pour apprendre le russe, enfin… les déclinaisons, c’est de prendre des petites briques de chaque chose en fait et de bien faire le tour de chaque brique. En russe on à 6 cas, pour être un peu technique : Du Nominatif, de l’Accusatif, du Génitif, de l’Instrumental, du Locatif et du…

Bertrand

 : Datif.

Thomas

 : Datif, j’ai failli oublier.

Bertrand

: Je crois que tu as fait exploser de rire nos visiteurs. Bon ben ceux qui sont restés, c’est pour vous…

Thomas

: Grosso modo, le datif, ce sera le sujet de la phrase dans 90% des cas.

Bertrand

En fait, ce que moi j’aime bien dire pour que les gens se rendent compte, c’est : nous en français on a la conjugaison, qui s’applique au verbe, et bien dans les langues à déclinaisons, c’est la même chose que la conjugaison, mais appliquée au mot.

Nous, les noms ont tendance à rester les mêmes tout le temps, par contre nos verbes on les conjugue. Et ben eux, que ce soit les allemands, que ce soit les russes ça s’applique au groupe nominal, au nom, qu’on va faire varier en fonction de certains critères.

Thomas

Donc il faut y aller petit à petit, pas après pas en fait. Pour faire ça, j’ai appris ça chez les anglais où vraiment la différence a été très forte en termes de résultat.

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Ils prenaient le 1er cas, le plus facile, le sujet de la phrase, donc le nominatif. Et à partir de là on faisait une ou 2 semaines de cours sur les différents types de sujet, les 2, 3 fonctions qu’il y a au-delà du sujet de la phrase sur ce cas.

Bertrand

 : C’est-à-dire les cas où ce cas s’applique même si ce n’est pas vraiment pour le sujet.

Thomas

Travailler le plus possible à l’oral

C’est ça. Et puis on faisait beaucoup de pratique, avec beaucoup d’exercices derrière. Et le plus possible aussi à l’oral, pour mettre tout ça dans les muscles, dans votre corps. On faisait vraiment un cas après l’autre.

Bertrand

: Premier mois l’accusatif, deuxième mois machin…

Thomas

 : C’est un peu le principe.

Bertrand

D’accord. Pendant tout le moment où j’apprends le nominatif, je continue à faire des erreurs sur le datif, l’instrumental etc.

Thomas

On va prendre une partie des choses, examiner ça et vraiment essayer de maitriser avant d’aller plus loin. On va faire un pas, un deuxième, un troisième, au bout d’un moment on a les terminaisons du premier qui s’ajoutent au deuxième et au troisième.

Il y a un moment où il y a des cas qui servent dans le même genre de situations, on peut les réviser ensemble, ça facilite aussi la mémorisation. Il y a encore une fois à la fin, finalement la possibilité de remettre tout ensemble, et de refaire une série d’exercice avec tous ces cas.

Bertrand

Une croyance que j’ai toujours développé, que j’ai toujours défendu c’est que le cerveau ne peut pas gérer 4 choses nouvelles en même temps. Concrètement, une chose nouvelle à la fois.

astuces pour apprendre le russe

C’est une façon extrêmement pragmatique d’aborder les choses. Mais à un moment donné ça veut dire :

  • accepter de faire des erreurs
  • deux, accepter que les choses soient progressives et ne se fassent pas d’un seul coup
  • trois, c’est se marteler la tête avec ça, jusqu’à ce qu’à un moment donné ce truc soit ancré . Pas qu’à l’écrit, mais également à l’oral.
Thomas

: Exactement. La théorie ça sert à une seule chose, c’est la pratique. Et si on ne peut pas le pratiquer, qu’on connait sur le bout des doigts la théorie, c’est super mais vous allez partager quoi avec vos amis ? L’un est là en support de l’autre.

Bertrand

: Absolument. Et puis de toute façon, le but d’une langue à la fin ça reste de communiquer.

Thomas

 : Vola. On peut prendre 7 ou 8 ans pour faire 3 phrases ou quelques semaines, quelques mois pour déjà maitriser : Je me présente un tel, voilà ce que je fais dans la vie, j’ai l’intention de faire ça et ça, ce sont mes projets, est-ce qu’on peut faire un truc ensemble… Et enchainer vraiment une conversation.

Bertrand

 : Absolument.

Lire à voix haute

Thomas

Parmi les astuces pour apprendre le russe, il y a la lecture à haute voix. C’est un truc qui peut paraître un peu bizarre ou contre-intuitif au début.

Moi quand on m’en a parlé, c’était une prof de russe à Moscou qui me dit: » il faut que tu lises à haute voix les textes que je te donne. » Et moi ça m’emmerdait, je me disais « je vais avoir l’air con, je ne sais pas où me mettre ». Et puis vous ne voyez pas trop l’intérêt. Puis finalement un jour je m’embêtais un peu, j’ai fait ça le soir en 10 – 15 minutes sur des textes que je ne comprenais pas du tout entièrement, mais j’ai juste joué le jeu de prononcer le truc que je savais lire.

En fait, je me suis aperçu qu’en soirée, avec des amis russes et tout, je parlais blablablabla, tout d’un coup je fais : »oulala ! J’ai dit ça, j’ai dit tout ça ! » J’avais fait un peu de lecture à haute voix régulièrement chaque jour. Ça a suffit pour avoir des résultats intéressants qui peuvent être surprenants. Ça fait partie des meilleures astuces pour apprendre le russe.

Bertrand

J’avais interviewé un ami qui s’appelle Philippe Gabilliet, et qui en fait disait que lui quand il avait appris l’anglais au départ, c’était je crois son frère qui lui avait conseillé : »Tu prends un livre et tu le joues comme si c’était une pièce de théâtre. »

Et là, dans Fast n’Fluent, quand je travaille avec mon SRS, systématiquement je répète. C’est-à-dire que, même si normalement je pouvais le faire que dans ma tête, je fais l’effort de le dire à haute voix, je regarde la réponse et je le répète à haute voix une fois que c’est fait.

Thomas

: Alors justement, c’est vraiment important de le dire à haute voix, pas dans votre tête. Tout simplement parce quand vous faites ça, vous avez la mémoire visuelle, la mémoire auditive de votre propre voix et la mémoire musculaire ou physiologique un truc comme ça…

Bertrand

: Ouais, kinesthésique .

Thomas

: Kinesthésique. Ces 3 mémoires là travaillent indépendamment et en connexion les unes des autres en fait.

Bertrand

 : Elles vont se renforcer en fait les unes des autres.

Thomas

: Ce n’est pas plus d’effort. Le seul effort c’est de se dire, en fait je vais me trouver un endroit tranquille où on ne va pas se foutre de ma gueule, où je ne vais pas être dérangé par le bruit. Et à partir de là, vous allez vraiment mobiliser toutes vos capacités de mémorisation en même temps pratiquement.

Bertrand

 : Moi j’aime bien l’approche inverse, être dans un lieu public quand je le fais. Je vais te dire pourquoi.

Il y a vraiment une réflexion derrière, c’est-à-dire que autant je préconise, pourquoi pas même de le faire en étapes, de commencer dans un lieu privé pour être tranquille et ensuite dans un lieu public.

C’est que : Un, quand je le fais dans un lieu public, au bout d’un moment je me rends compte que la plus part des gens n’en n’ont absolument rien à faire, ils ne me regardent même pas. Ce qui m’aide à dépasser la peur de parler.

La deuxième chose, c’est que ça m’ancre aussi dans le réel.

Astuces pour apprendre le russe : conclusion

Donc, si je récapitule.

Pour tout ce qui est déclinaison, allez-y point par point. Découpez, saucissonnez. Et pour les cas notamment un cas, par un cas.

Et la deuxième chose qui est importante, c’est cette lecture à haute voix. Même si au début ça peut paraître un peu dérangeant, ce n’est pas grave. On le fait dans un endroit où on se sent à l’aise. Et ça, c’est vraiment le truc qui fait qu’à un moment donné, quand on se retrouvera à devoir parler, c’est comme si ça sortait tout seul.

Thomas

Absolument. Et non seulement, tout le monde peut le faire. Il faut juste un petit texte, n’importe lequel. Mais ça peut être fun aussi à faire. En fait, on peut imaginer un exercice où on va le faire très doucement pour juste articuler le mot et accélérer le plus vite possible pour essayer de vraiment encadrer le plus vite possible…

Puis en le faisant vous allez vous marrer.

Bertrand

En tout cas merci beaucoup de nous avoir donné ces astuces pour apprendre le russe, parce que c’était des conseils qui sortent de l’ordinaire. Et là, c’était vraiment quelque chose qu’on n’avait pas encore eu sur Fast n’Fluent. Merci beaucoup. Si vous voulez retrouver le travail de Thomas c’est sur www.russie.fr et le site de la formation www.objectif-russe.fr. Allez, Ciao les pirates.

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