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[PODCAST] Communication Non-Verbale et Langues Étrangères

L’ANALYSE COMPORTEMENTALE AU SERVICE DE L’APPRENTISSAGE DES LANGUES Bertrand

: Bonjour à tous, bienvenue sur Fast n’Fluent, je suis Bertrand, le pirate des langues. Aujourd’hui, je suis avec Jean-François Hirsch, Jeff pour les intimes. Déjà, comment ça va Jeff ?

Jeff

: Ça va plutôt pas mal.

Bertrand

: Et bien aujourd’hui, on va parler avec toi de ta spécialité : l’analyse comportementale. On va s’intéresser au lien entre communication non-verbale et langues étrangères. Alors, qu’est-ce que c’est que ce truc-là?

Communication non-verbale : définition

Jeff

: L’analyse comportementale, qu’est-ce que c’est ? C’est toute la compréhension, communication que l’on peut avoir qui va aussi au-delà des mots.

communication non verbale langues étrangères

C’est-à-dire des simples choses que l’on peut dire. Je parle là du langage corporel et puis également des expressions micro faciales.

Il y a, quand on discute, quand on parle avec quelqu’un, des représentations émotionnelles qui se présentent sur notre visage. C’est la communication non-verbale. Un exemple très simple, si je suis content je vais me mettre à sourire. Ce sont des choses extrêmement simples si on les reconnait tous. Et puis, s’il y a quelqu’un qui pleure, a priori, vous saurez reconnaître l’état émotionnel et vous direz, tiens cette personne, elle n’a pas l’air d’aller trop trop bien.

Bertrand

: C’est macro-facial, là…

Une communication universelle

Si je dis « de façon presque intuitive » et « être interprété », c’est tout simplement parce que les expressions faciales que j’apprends à reconnaître sont des expressions faciales dites universelles.

C’est-à-dire qu’elles appartiennent à une structure cérébrale. Elles partent là d’un inné et non pas d’un acquis. Ce n’est pas quelque chose que l’on apprend, c’est quelque chose avec lequel on naît.

C’est-à-dire qu’on retrouve par exemple la lecture de ces représentations chez certains grands primaires. Ce qui fait aussi, par exemple, qu’un petit enfant quand il est en train de discuter avec ses parents, même s’il ne connait pas exactement les mots qui sont utilisés, va pouvoir dire: « tiens papa il n’a pas l’air d’aller bien aujourd’hui » ou au contraire, « papa il a l’air extraordinairement heureux aujourd’hui ».

cnv

Ce sont des principes un peu élémentaires. Ca va passer par quoi ? Par l’apprentissage et le repérage de toutes ces expressions qui se présentent en une fraction de seconde. De façon à ce qu’on puisse savoir consciemment quel est le ressenti émotionnel instantané dans ce que la personne est en train de dire.

En gros, la compréhension de la communication non-verbale va nous permettre de savoir si la personne est sincère ou pas. Alors, pour aller un petit peu plus loin, il faut savoir que nous sommes avant tout émotionnels.

C’est-à-dire que ce qui va caractériser notre fonctionnement, ce sont principalement nos émotions. Et que ces émotions sont représentées, elles nous servent par exemple à communiquer très certainement pour assurer notre survie. Nous sommes des animaux sociaux et quand notre vie dépend de l’ensemble du groupe, on comprend qu’il s’agit de communiquer de la façon la plus précise possible, et ça bien au-delà des mots.

La communication non-verbale : même chez les animaux

A titre d’exemple, prenons des animaux, si d’un seul coup en tant que gazelle vous voyez un lion plus loin dans la brousse, vous allez faire : « humm !!! » Ou je ne sais quoi, je ne sais pas quel est le cri de la gazelle. Ou alors vous allez changer une patte, bouger votre inclinaison d’oreille et instantanément, toutes les autres gazelles vont repérer dans leur champ visuel ce petit changement, elles vont se dire : »ah attention, il y a un danger ». Et là, d’un seul coup, toutes les gazelles se mettent à partir en étoile. Ce qui fait que vraisemblablement, alors ça c’est le point de vue que je porte là-dessus, c’est qu’à priori nous ne sommes pas fait pour mentir.

Bertrand

 : D’accord.

Jeff

: Mentir va contre notre propre survie. Donc l’idée, c’est que par ces outils de communication non-verbale, nous puissions assurer notre survie. Et moi, ce que j’enseigne tout simplement, c’est de repérer toutes ces expressions qui nous échappent, qui ne sont rien de plus que des représentations de nos émotions dans un instant T. Et puis s’en servir comme fondation plutôt que de se baser sur le discours qui lui peut être un petit peu mensonger.

Tout simplement parce que si je dis « couleur bleu » par exemple, tu vas avoir une idée du bleu, tu sais ce que ça veut dire plus ou moins. Mais tu ne sauras pas précisément de quel bleu je veux parler.

Bertrand

 : Oui, quel bleu tu as en tête.

Jeff

 : Voilà, sans même avoir une volonté de mensonge nuisible, on est toujours dans une approximation. Tandis que par contre, la représentation de notre émotion est quelque chose de fiable sur lequel on peut s’appuyer.

Bertrand

: Revenons sur la notion principalement de thérapeute comme tu dis. Ce serait quoi ton plus grand conseil pour être capable aujourd’hui d’analyser la communication non-verbale en pur novice, en pur débutant. Un petit truc pour pouvoir me dire : »tiens, je suis meilleur là-dedans ». Dès aujourd’hui, j’applique un peu le truc de Jean-François et j’arrive un peu mieux.

Jeff

L’observation : premier grand principe de la CNV

: Alors on va prendre la phrase de Sherlock Holmes : « Watson, vous voyez mais vous n’observez pas ». L’idée c’est d’avant tout d’observer.

communication non verbale

Et là, pour le coup, observer c’est quelque chose d’extraordinaire. Quand on observe ce qui se passe autour de nous, ça nous fait des vacances. Tant qu’on est vers autre chose, on n’est pas sur soi-même et le grand problème, c’est que généralement, on est un peu trop sur soi-même.

Donc, a priori, tant qu’on est vers l’autre, tant qu’on est dans l’observation on est dans un système d’action, notre mental se coupe et on s’enrichit d’informations du monde extérieur.

Donc à mon sens, rien que le fait d’être plus dans l’observation du monde qui nous entoure, à mon sens soulage presque instantanément.

Et ça, on peut le faire dans de maintes occasions. Dans une interaction sociale avec ses potes comme à cet instant où on est en train de boire un petit café. Mais on peut le faire également quand on est dans le transport, quand on prend le métro au lieu de s’emmerder, on est simplement attentif à tout ce qui peut s’exprimer à un niveau émotionnel autour de nous. Curieux par exemple du positionnement qu’une personne peut avoir sur un siège, de l’espace qu’elle occupe…

Et c’est un monde extraordinaire qui s’ouvre à nous.

Bertrand

: …Le fait, lorsqu’on ne comprend pas des gens s’exprimer en langue étrangère, d’arriver à comprendre, à partir de la communication non-verbale, ce qu’ils sont en train de se raconter, en coupant le son pour deviner.

Et ensuite, de mieux comprendre ce qui se dit à partir de ça. Alors, et aujourd’hui comme moi je ne suis pas bon là-dedans, je me mets à observer, je me mets à regarder, comme tu dis à observer, qu’est-ce qui se passe à l’intérieur de moi ? Qu’est-ce qui est différent ?

Dépasser ses peurs en observant le monde

Jeff

: Je te l’ai dit, déjà dans un premier temps, comme tu n’es plus sur toi, comme tu es sur l’autre, instantanément tous les ressentis émotionnels pas très agréables que tu pourrais avoir vont se couper tout simplement.

A mon sens, les problématiques sont simplement véhiculées par les grandes importances que l’on prête aux choses. Si je me prête une énorme importance, forcément je vais être beaucoup plus assujetti aux problèmes que si je ne m’en porte pas beaucoup.

Un principe que l’on retrouve dans certaines religions par exemple. Se débarrasser de ces importances tout simplement, pour se sentir mieux.

communication non-verbale

On ne va pas aller jusque-là, mais simplement dans « j’observe le monde », je me mets en vacance, je me mets en pause. C’est-à-dire que je suis simplement un observateur par rapport à tout ça, je donne forcément moins d’importance à mon égo, et comme je lui donne moins d’importance, mon égo instantanément se calme.

Mon égo, c’est simple, si je l’observe et ben il va s’agiter, c’est un enfant turbulent. Si on lui prête de l’attention, et bien il va faire beaucoup plus le guignol que si je le laisse vivre sa vie tranquillement. Donc laisser son attention se porter sur la beauté du monde qui nous entoure. Un arbre, un ciel qui change, une petite fleur, peu importe. Et ça, sans lyrisme excessif, tout simplement parce que c’est joli. Et instantanément, et bien on va s’enrichir de tout ça.

Bertrand

: …Ton conseil vraiment c’est d’être en observation du monde, moi je me refais de la place, des vacances à l’intérieur, effectivement c’est déjà énorme. C’est vrai que dans les langues, ça peut être quelque chose d’extrêmement apaisant d’être juste en observation de l’autre sans nécessairement toujours chercher à lui donner un sens, à comprendre.

Juste voilà de regarder des gens interagir avec eux, se dire bonjour, se dire des choses que je ne comprends pas nécessairement, mais d’être dans cette observation. Beaucoup de gens se parasitent la compréhension dans une langue en étant centrés sur eux et plus sur l’autre, à partir du moment où ils ont peur de ne plus comprendre.

C’est-à-dire que si je t’écoute et que je ne comprends plus un mot, je me mets à me recentrer sur moi en me disant : »mon Dieu, je flippe de ne plus comprendre ». Et donc je me parasite et je ne comprends plus rien.

La communication non-verbale comme outil pédagogique

: Et c’est vrai que, dans les langues notamment, c’est important parce que ça permet d’aller dans le discours de l’autre. Décoder la communication non-verbale, c’est une clé supplémentaire pour comprendre ce que l’autre est en train de nous raconter si jamais je manque un peu de vocabulaire, si jamais je n’ai pas tous les mots.

Jeff

: Et puis je vais même aller plus loin, je pense que ça favorise la curiosité. Quand on est dans l’observation, on a envie d’être curieux de l’autre, c’est-à-dire d’en savoir un petit peu plus. Si on croit repérer quelque chose, ça nous intrigue, ça nous titille et on veut en savoir un petit peu plus.

communication non-verbale

Et comme on veut en savoir un petit peu plus, on va être curieux, donc on va être dans le questionnement. Et quand on est dans le questionnement, qu’est-ce qui se passe ? Et bien on va créer du rapport. Parce qu’en tant qu’être humain, on adore à titre personnel qu’on s’intéresse à nous-même. Et vous vous intéressez à l’autre, votre charisme à un niveau très simple, va monter en flèche en une fraction de seconde.

Bertrand

. Absolument. Et ça, je trouve que c’est un super outil pour tous les gens qui utilisent des sites d’échange gratuit. C’est sûrement votre cas pour faire des échanges linguistiques. Le fait de parler de soi, le fait de poser même quelques questions : « ah mais qu’est-ce que tu veux dire ? » « De quoi tu parles exactement ? » « Ah mais, c’est comment ce truc-là ? » Qui sont des questions de base, qui font partis de ce que j’appelle le kit de survie dans les langues, et ben finalement ça permet d’avoir des conversations dans lesquelles l’autre nous offre énormément.

Jeff

: Totalement. D’ailleurs, le grand principe de la communication non-verbale, c’est que c’est universel. On ne va peut-être pas rentrer dans les détails, mais c’est le caractère universel qui donne tout l’intérêt à la pratique.

C’est quelque chose de fiable sur lequel on peut vraiment se baser. Je suis très très partisan du jeu dans le travail qu’on accomplit dans le cadre du développement personnel ou de la thérapie.

Un petit truc que je fais lors de mes formations, j’envoie mes stagiaires en safari. C’est-à-dire que quand vous êtes dans le métro, dites-vous « je suis dans un safari », comme si vous étiez dans une plaine d’un pays d’Afrique et que vous regardiez à ce moment-là toutes les interactions des personnes qui vous entourent comme si c’était vraiment des bestioles. Et là, vous allez voir que votre intérêt va grandir et ça risque de vous réservez pas mal de bonnes surprises.

Bertrand

Merci beaucoup Jeff en tout cas pour cette approche vraiment riche. Si des gens veulent en savoir un peu plus sur l’analyse de la communication non-verbale, t’as des choses à conseiller, des sites, des livres, quelques chose ?

Jeff

: Alors, pour le coup, il y a toute une ribambelle de livres, vous filez à la biblio ça serait vraiment très compliqué comme ça, peut être que la meilleur des choses c’est tout simplement de me contacter, je serais vraiment heureux. Allez sur mon site, vous m’envoyez un email directement par mon site www.jfhirsch.com, et je vous enverrai des bouquins ou je vous adresserais des sites.

Bertrand

 : Merci à vous. Et bien encore une fois une interview très riche. A très vite sur Fast n’Fluent pour d’autres interview de Jeff ou d’autres experts qui nous parlent de leur spécialité à eux puisque c’est ça le principe du projet pirate. Ciao, salut tout le monde.

Jeff

 : Si vous voulez me retrouver, vous pouvez le faire tout simplement en me contactant via mon site www.jfhirsch.com. Et puis, si également vous voulez suivre cette formation qui n’est pas exclusivement proposée pour les thérapeutes, vous pouvez contacter le site de Hirsch également ou taper « analyse comportementale Hirsch » sur Google.

Voilà je vous souhaite une très bonne journée, j’ai été heureux de pouvoir discuter 2 minutes avec vous. Bonne journée, au revoir.

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