Apprendre une langue sous hypnose : Rêve ou Réalité ?

Apprendre une langue sous hypnose

Quel lien y a-t-il entre l’auto-hypnose et les langues ? Peut-on vraiment apprendre une langue sous hypnose ? Avec l’hypnose ? Est-ce de la magie ? De l’arnaque ?

Bref, dès qu’on parle d’hypnose, les fantasmes, les questions et les inexactitudes vont bon train. Et pourtant, depuis quelques années, celle-ci a acquis ses lettres de noblesse et commence à s’installer dans des domaines de plus en plus sérieux. (Médecine, psychologie, sport, etc.) Alors pourquoi pas les langues ?

En effet, en tant que professionnel des deux mondes, voici un article pour faire le point sur ce que l’hypnose, et plus précisément l’autohypnose pourra vous apporter si vous voulez apprendre l’anglais, l’espagnol, le russe, l’arabe, le japonais, bref… n’importe quelle langue.

Une histoire de développement personnel

L’apprentissage d’une nouvelle langue requiert de la confiance en soi, en notre capacité à retenir de nouvelles notions. Il ne s’agit donc pas que de la technique mais également de ton niveau de développement personnel.

Pour illustrer l’importance de l’état d’esprit dans le processus d’apprentissage d’une langue étrangère ou de toute nouvelle discipline, nous allons nous référer à la roue du succès. Tout commence par la perception que tu as de ton potentiel. Est-il limité ? T’a-t-on souvent dit que tu n’y arriveras jamais dans la vie? Que dans ta famille, personne n’est douée pour les langues ? Et que la preuve de cela est que tu as déjà beaucoup de mal à bien t’exprimer dans ta langue native ?

Cette projection que ton entourage fait sur toi définit insidieusement ton potentiel, ce que tu te crois capable de réaliser. Partant ainsi d’un potentiel limité, restreint, que poseras-tu comme action ? Tu essaieras la plupart du temps mollement, tes actions seront elles aussi limitées.

Tes résultats en prennent logiquement un coup. Ils seront dérisoires voire inexistants. Avec de mauvais résultats, tu vas inconsciemment valider la projection initiale que ton entourage aura faite sur toi. En fait, mon père (famille, amis, professeurs…) avait raison quand il disait que je n’étais pas doué pour les langues. Ce faisant, tu renforces tes croyances négatives en ton incapacité à étudier et parler couramment une nouvelle langue.

Ton potentiel initial restreint se rétrécira davantage et la roue continue de tourner dans le mauvais sens jusqu’à ce que tu abandonnes.

A l’inverse, si tu prends conscience que notre potentiel à tous est (IL)limité, tu agis comme si tout était possible. Tu passes massivement à l’action. Les résultats positifs couronneront tes efforts, ce qui va renforcer tes croyances que tu peux encore mieux faire. Ton potentiel est ainsi nourri et tu effectues davantage d’actions et tes progrès seront de plus en plus perceptibles.

La clé pour inverser la tendance négative de cette roue et de « faire comme si » tu avais déjà les résultats que tu souhaites. Ensuite, tu imagines les croyances qui en découleraient, la nouvelle perception que tu aurais de ton nouveau potentiel et les actions massives qui s’en suivraient. La clé est donc de penser et d’agir comme si tout cela était déjà accompli. Cette philosophie est très bien résumée par le célèbre dicton américain « Fake It until you do It ».  Je n’en donnerai pas l’explication, c’est peut être l’occasion de te mettre à apprendre l’anglais.

Le développement personnel y est donc pour beaucoup dans le processus d’apprentissage des langues. La prise de conscience étant effectuée, je vais aborder une solution pratique pour te permettre d’effectuer le switch nécessaire au changement de tes croyances limitantes sur les langues. Il s’agit d’un outil qui va permettre de travailler sur l’inconscient : l’hypnose.

Peut-on vraiment apprendre une langue sous hypnose ?     

Il est important à cette étape d’expliquer ce qu’est l’hypnose et les différents courants autour de cette pratique. L’hypnose est une méthode qui permet d’atteindre un état modifié de conscience, il donne accès à l’inconscient du sujet. Deux écoles se distinguent de par leur approche de l’hypnose.

La première école dite traditionnelle utilise la suggestion et le sujet sous hypnose reçoit des suggestions verbales, visuelles ou corporelles. Ces suggestions ont pour but d’amener le sujet à effectuer des actions ou à adopter de nouvelles habitudes auxquelles il aurait été réfractaire en état de pleine conscience.

La seconde école ou hypnose Ericksonienne sollicite la participation active du sujet. La mise en œuvre de cette approche consiste à plonger le sujet dans un état de profonde relaxation, ensuite l’hypnotiseur utilise un langage métaphorique (allusions, images…) pour orienter les réponses du sujet progressivement vers la solution au problème initial objet de la séance d‘hypnose.

L’hypnose permet donc de travailler sur les compétences inconscientes du cerveau comme modifier une croyance limitante, booster la motivation… En travaillant sur ces compétences indirectes, le processus d’apprentissage est facilité. L’hypnose n’est donc pas une méthode miracle que l’on pourrait te vendre pour apprendre une nouvelle langue mais elle peut agir sur vos blocages inconscients en les éliminant ou tout au moins les atténuer.

L’hypnose fonctionne-t-elle avec tout le monde ?

Il est courant d’entendre certaines personnes affirmer qu’elles sont réfractaires à l’hypnose. La plupart du temps, il s’agit d’une résistance consciente et forte que ces personnes opposent à l’hypnose pour valider leur théorie.

Ce caractère réfractaire est le reflet d’une peur plus profonde chez les individus face l’hypnose dont le fonctionnement est encore mal connu et qui fait référence à un gourou suprême capable de faire faire à ses sujets le pitre ou une danse du ventre digne des mille et une nuits dans une transe hypnotique spectaculaire.

Si c’est le cas, il faut reconnaître que le sujet avait déjà des prédispositions au burlesque ou à la danse qui sont le plus souvent refoulées. La séance d’hypnose aura juste levé le blocage pour faire ressortir le danseur étoile qui sommeillait dans le sujet.

L’hypnose est une méthode qui permet de court-circuiter certains processus mentaux du cerveau, donc tout être humain doté d’un cerveau fonctionnel peut être sujet à l’hypnose. C’est le cerveau qui décide spontanément de lui-même d’entrer en état d’hypnose et ce en fonction de ce qu’il juge le mieux. L’hypnose peut être appris et mis en œuvre par tout le monde, le cerveau y est réceptif.

Apprendre l’hypnose permet de mieux connaître les processus mentaux du cerveau et de savoir les court-circuiter pour atteindre les résultats désirés. Dans le cadre du hack-language, nous allons nous intéresser en particulier à l’autohypnose qui va permettre de travailler sur soi-même (sujet) par soi-même (hypnotiseur).    

L’autohypnose : un outil magique ?

L’autohypnose est un outil formidable quand il est bien utilisé mais ce n’est pas un outil magique qui viendra résoudre toutes les difficultés d’apprentissage inhérentes à une langue. L’autohypnose met en scène une seule et même personne qui joue alternativement le rôle de l’hypnotiseur et du sujet. Nul besoin d’une personne extérieure pour réaliser tes séances quand tu es déjà formé et cela offre plus de flexibilité de temps et de récurrence.

Je recommande de recourir à cette méthode lorsque tu as déjà des connaissances dans une langue et que tu es confronté à un problème récurrent d’apprentissage d’une notion en particulier ou du vocabulaire ou encore si tu perds systématiquement tes moyens quand vient le moment d’interagir et de communiquer dans cette langue en situation réelle.

L’utilisation de l’autohypnose pour résoudre la difficulté d’apprentissage ou d’expression se décompose en 6 étapes :

Etape 1 : Détermine avec précision le point de blocage.

Etape 2 : Dessine le processus problématique (métaphorique).

Etape 3 : Dessine la situation idéale

Etape 4 : Fais la séance d’autohypnose en passant du dessin de l’étape 2 au dessin de l’étape 3

Etape 5 : Projettes-toi dans le futur pour vérifier que le changement fonctionne bien

Etape 6 : Fais attention aux changements

Cependant, il est important de faire preuve de précision et de clarté lorsque tu identifies le problème sur lequel tu vas travailler. A titre d’exemple, il y a une différence importante entre l’objectif « Je veux améliorer ma mémoire » et l’objectif « Je veux me souvenir du vocabulaire que j’ai appris la veille ».

La clarté te donne du pouvoir.   

L’hypnose étant validée comme une méthode de hack-language, il faut en connaître la pratique ou te faire former par un professionnel. En référence à mon expérience personnelle, je pourrais recommander une formation sur l’autohypnose si tu souhaites t’y former : [Lien de redirection vers la ressource externe sur la formation en autohypnose]     

2 Comments

  1. […] les changer, on peut utiliser plusieurs outils dont l’hypnose (qui a fait l’objet de cet article). Ces outils favorisent le développement personnel et permettent d’atteindre des résultats […]

  2. Colaux sur février 21, 2018 à 8:04

    Cet excellent article me fait penser au concept fixed mindset /growth mindset auquel je m’intéresse beaucoup en ce moment. Je suis enseignante en physique depuis 14 ans et je voudrais parvenir à aider mes élèves à avoir confiance en eux pour réussir. Je pense que je vais proposer un petit détour par ce site à mes (nombreux) élèves qui peinent en anglais (pcq pour faire des sciences; l’anglais est fondamental)! Merci en tout cas!

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